[Lamarche, Caroline] La mémoire de l'air
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Votre avis sur le livre :
[Lamarche, Caroline] La mémoire de l'air
"La mémoire de l'air" de Caroline Lamarche .
Éditions : GallimardNombre de pages : 104 pages
Quatrième de couverture : "Mes tympans se sont mis à siffler, mon cerveau à bouillir, je ne parvenais plus à penser qu'à une seule chose, qui ne me servait strictement à rien à cet instant. Je me suis souvenue de ce que m'avait dit le commissaire de police qui recueillait ma plainte. Il m'avait posé une question qui m'avait plongée dans la confusion la plus grande. J'avais répondu - on répond toujours à un commissaire - quelque chose que je dirai peut-être un jour. Il m'avait dit alors que je devais le taire, que cela resterait entre lui et moi, car si je le disais, cela me desservirait au tribunal. Allais-je donc passer au tribunal ? Je ne comprenais pas. Le criminel c'était l'autre, non ? Ou moi ?". D'un monologue guidé par l'étrange beauté d'un rêve, émerge le souvenir de faits qui eurent lieu sans autre témoin que l'air. L'air conserve la mémoire de toutes les histoires que les humains se racontent depuis la nuit des temps. Le viol est l'une des plus anciennes. Et des plus actuelles.
Mon avis :
C'est un tout petit livre pour une très vive émotion. J'aimerais vous le faire découvrir car je me suis aperçue qu'il n'était pas présent sur le forum (soyez indulgent(e)s car il n'est pas évident à présenter sans trop en dévoiler )
Ce tout petit livre d'une centaine de pages donc, ne laisse pas indemne. Une narratrice dont on ignore l'identité raconte un rêve qui l'emporte dans ses souvenirs et nous glissons avec elle.
Un récit en deux parties.
D'abord le souvenir d'un amour, Davant, qu'elle qualifie de borderline. Lui, il aime faire l'amour, il aime écrire même si cela n'aboutit à rien et elle, elle l'aime lui.
Alors, de nombreuses années de silence, de souffrance. Le refus d'admettre cette violence conjugale ne serait-ce qu'à elle-même l'enfonce davantage encore dans cette culpabilité que seules les victimes ressentent et dans l'incompréhension.
Puis, le viol daté d'une vingtaine d'année.
"ça n'avait pas duré longtemps. Juste un petit moment ennuyant comme disait ma mère"
Ephémère moment qui brûle l'esprit autant qu'un corps peut l'être au fer rouge.
De ces quelques pages se dégage une ambiance assez particulière que ce soit dans la première partie ou dans la seconde. L'utilisation du "Je" nous projettes dans les mots de l'auteure et dans la violence de ce qui me semble être écrit au rythme des souvenirs, images qui défilent, pour amener à l'acceptation et peut-être même à la compréhension , si cela est possible. La chronologie, peu importe, c'était avant, c'était après. Et ça forme un tout que la plume de l'auteure rends à la fois puissant et délicat.
Un bilan ou plutôt un monologue douloureux mais nécessaire entre deux "je" : la vivante et la morte.
Une écriture précise, simple mais belle et surtout sans fioritures, sans tomber dans le "mélo-tristounet-ouin-ouin" (je ne savais pas comment l'exprimer autrement, ne m'en voulez pas ).
Des faits et des mots le tout parfaitement ajusté, complémentaire.
Lecture déroutante, bouleversante sur un sujet qui sera toujours, hélas, d'actualité.
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Dernière édition par Pandora le Mar 5 Déc 2017 - 22:27, édité 1 fois (Raison : corriger des vilaines fautes...)
Pandora- Grand expert du forum
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