[Patterson, James & Roughan, Howard] Jeu de massacres ou Instinct
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[Patterson, James & Roughan, Howard] Jeu de massacres ou Instinct
Jeu de massacres (Murder Games) ou (Instinct)
Auteurs : James Patterson & Howard Roughan
Traduit de l’américain par Philippine Voltarino
Éditions : L’Archipel (2 Janvier 2019)
ISBN : 9782809825855
330 pages
Quatrième de couverture
Le professeur Dylan Reinhart est l’auteur d’un ouvrage de référence sur les « comportements déviants ». Lorsque Elizabeth Needham, du NYPD, en reçoit un exemplaire accompagné d’une carte à jouer tachée de sang, tout porte à croire qu’un tueur s’intéresse à l’éminent docteur en psychologie…
Mon avis
Attention, c’est un livre qui entraîne le lecteur et il vaut mieux avoir un peu de temps pour le lire ! En effet, l’écriture de l’auteur (James Patterson est écrit en plus gros sur la couverture, on va considérer qu’il est l’auteur principal ;-) est fluide, accrocheuse, vive, et le lecteur est très vite scotché au récit. La traduction est excellente. Les chapitres sont courts (seulement quelques pages), plein de rebondissements.
Dylan Reinhart est professeur de faculté, il a également écrit un ouvrage très fouillé sur les comportements de ceux qui agissent en marge de la société, le plus souvent pour semer le mal. Elizabeth Needham, inspecteur de police à New-York, le contacte car un chroniqueur du New-York Gazette a reçu son livre dans lequel était glissée une carte à jouer en guise de marque page. Elle est tâchée de sang et correspond à un meurtre récent avec un groupe sanguin très rare. Quel rapport entre le livre, les cartes et l’assassinat ? La policière espère l’aide de l’éminent universitaire pour comprendre le fonctionnement du tueur et peut-être anticiper d’autres décès. Rien ne va être facile, les cartes sont semées tels les cailloux du petit poucet. Il leur faudra raisonner avec beaucoup de justesse pour avancer pas à pas et essayer de sauver ce qui peut l’être…..
Ce qui m’a le plus intéressée dans ce recueil, c’est la méthode qu’utilise Dylan pour « pénétrer » dans la tête du « Dealer » (nom donné à l’assassin). Il met tout en œuvre pour cerner ses pensées, ses idées, déchiffrer ses raisons d’agir de telle ou telle façon. C’est un jeu de chat et de souris, un jeu de qui perd gagne, car finalement, contrairement à ce que certains pourraient penser, rien n’est laissé au hasard ni pour l’un, ni pour l’autre. C’est astucieusement mis en place dans le roman, pas comme un puzzle, plutôt comme un immense échiquier où chacun déplace une ou deux pièces, attend la réaction de l’autre pour intervenir, rebondir, et agir. Aucun des protagonistes (que ce soit du côté de l’enquête ou du côté de la « mort ») n’abandonne, n’abdique. Chacun veut être fort, chacun veut prouver qu’il n’est pas là pour s’en laisser conter, chacun veut le « respect » de l’autre…. On s’attache à Dylan, d’autant plus que son histoire personnelle n’est pas évidente, ni facile. Cela donne un côté très humain à son personnage. En toile de fond du récit, il y a également les relations politiques, notamment pour le maire, qui n’est pas toujours très clair dans ses agissements, ses choix, ses relations. Jusqu’où les hommes de pouvoir peuvent-ils aller pour maintenir leur emprise ? La corruption est-elle nécessaire pour qu’ils arrivent à leurs fins ? Même si la recherche concernant le Dealer est le sujet principal de ce roman, d’autres thèmes sont abordés. Cela complète l’intrigue et donne un « fond » à l’ensemble de la lecture, rendant tout cela moins superficiel. Bien sûr, on n’est pas dans un contexte où l’approche psychologique est très approfondie mais je ne pense pas que ce soit le but de l’écrivain. C’est malgré tout, assez complet.
Sans conteste, il souhaite nous captiver, nous offrir un excellent moment de lecture et c’est tout à fait réussi !
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Cassiopée- Admin
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Nombre de messages : 16860
Localisation : Saint Etienne
Emploi/loisirs : enseignante
Genre littéraire préféré : un peu tout
Date d'inscription : 17/04/2009
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Re: [Patterson, James & Roughan, Howard] Jeu de massacres ou Instinct
Mon avis :
J’avais aimé ma série, et quand j’ai retrouvé ce livre au fin fond de ma PAL (je savais bien que je l’avais !), j’ai commencé à le lire, et je l’ai terminé très vite.
Il faut dire qu’en dépit du sujet – la traque d’un tueur en séries, un classique américain – le livre est très drôle, grâce à la personnalité de Dylan Reinhart, professeur de criminologie de son état, marié à Tracy, un homme charmant. Il est bourré d’humour, et s’il est parfaitement compétent dans son domaine, cela ne fait que rendre son regard plus acéré face à ce qu’il découvre. Le problème qui se pose à la belle ville de New York n’est pas tant la présence d’un serial killer qui joue avec les nerfs des enquêteurs, connaissant parfaitement les codes du genre, et ce que l’on attend de lui, mais le fait que l’on est en pleine période électorale, et que le maire joue sa réélection avec ce criminelle. Nous découvrons au passage qu’une campagne électorale ressemble à s’y méprendre à une campagne militaire, remplie de stratégie en tout genre, d’offensive, de propagande, d’espionnage aussi – ou comment tenter de trouver les petits secrets du Dr Reinhart. Non, pas le fait qu’il est gay, ce n’est un secret pour personne. Non, le secret qui fait qu’il ne vaut mieux pas le sous-estimer, même sans arme, même à un contre deux, le secret qui fait qu’un hacker, qui correspond en tout point au portrait du hacker, est toujours prêt à l’aider. Sans doute aussi parce que Reinhart ne lui pose jamais de questions sur la manière dont il s’y prend, puisqu’il le comprend parfaitement.
Les meurtres. Sanglants. Justifiables aux yeux du meurtrier, qui mettra bien involontairement Dylan sur sa piste. Enfin, involontairement… le dealer, puisque c’est ainsi qu’il est surnommé, est pourtant la première voix que l’on entend dans ce roman. Il savait parfaitement où il allait. Oui, nous sommes à nouveau face à un serial killer intelligent, ou plutôt un serial killer qui connait bien les failles du système et celles de la justice. La justice américaine n’est pas la justice française (ce que de brillants scénaristes, tel un cliché, nous rappellent à longueur de séries télévisées) et certains savent parfaitement utiliser ses failles afin de faire libérer le prévenu. Les « failles » sont nombreuses, qu’elles soient juridiques (bien connaître la loi, c’est important) ou qu’elles reposent sur un minuscule point de procédure qui n’a pas été respecté à la lettre. Ne parlons pas non plus des témoignages « de complaisance » – démontrer la fausseté d’un alibi demande du temps et de l’énergie, que n’ont pas forcément un procureur, un juge, un avocat. Et s’il est des innocents qui croupissent en prison parce que leur avocat n’a pas été assez performant, il en est des coupables qui vivent en toute liberté, parce que leur avocat (souvent très cher payé) a épluché soigneusement chaque pièce du dossier.
Le roman est construit contre une course contre la montre quasiment perdu d’avance – quasiment. Du coup, les pages se tournent quasiment toutes seules, pour savoir comment un point final sera enfin mis à cette succession de meurtres. Et ce n’est pas vraiment de la manière dont on aurait pu le penser.
Un livre aussi agréable à lire que la série l’a été à regarder.
J’avais aimé ma série, et quand j’ai retrouvé ce livre au fin fond de ma PAL (je savais bien que je l’avais !), j’ai commencé à le lire, et je l’ai terminé très vite.
Il faut dire qu’en dépit du sujet – la traque d’un tueur en séries, un classique américain – le livre est très drôle, grâce à la personnalité de Dylan Reinhart, professeur de criminologie de son état, marié à Tracy, un homme charmant. Il est bourré d’humour, et s’il est parfaitement compétent dans son domaine, cela ne fait que rendre son regard plus acéré face à ce qu’il découvre. Le problème qui se pose à la belle ville de New York n’est pas tant la présence d’un serial killer qui joue avec les nerfs des enquêteurs, connaissant parfaitement les codes du genre, et ce que l’on attend de lui, mais le fait que l’on est en pleine période électorale, et que le maire joue sa réélection avec ce criminelle. Nous découvrons au passage qu’une campagne électorale ressemble à s’y méprendre à une campagne militaire, remplie de stratégie en tout genre, d’offensive, de propagande, d’espionnage aussi – ou comment tenter de trouver les petits secrets du Dr Reinhart. Non, pas le fait qu’il est gay, ce n’est un secret pour personne. Non, le secret qui fait qu’il ne vaut mieux pas le sous-estimer, même sans arme, même à un contre deux, le secret qui fait qu’un hacker, qui correspond en tout point au portrait du hacker, est toujours prêt à l’aider. Sans doute aussi parce que Reinhart ne lui pose jamais de questions sur la manière dont il s’y prend, puisqu’il le comprend parfaitement.
Les meurtres. Sanglants. Justifiables aux yeux du meurtrier, qui mettra bien involontairement Dylan sur sa piste. Enfin, involontairement… le dealer, puisque c’est ainsi qu’il est surnommé, est pourtant la première voix que l’on entend dans ce roman. Il savait parfaitement où il allait. Oui, nous sommes à nouveau face à un serial killer intelligent, ou plutôt un serial killer qui connait bien les failles du système et celles de la justice. La justice américaine n’est pas la justice française (ce que de brillants scénaristes, tel un cliché, nous rappellent à longueur de séries télévisées) et certains savent parfaitement utiliser ses failles afin de faire libérer le prévenu. Les « failles » sont nombreuses, qu’elles soient juridiques (bien connaître la loi, c’est important) ou qu’elles reposent sur un minuscule point de procédure qui n’a pas été respecté à la lettre. Ne parlons pas non plus des témoignages « de complaisance » – démontrer la fausseté d’un alibi demande du temps et de l’énergie, que n’ont pas forcément un procureur, un juge, un avocat. Et s’il est des innocents qui croupissent en prison parce que leur avocat n’a pas été assez performant, il en est des coupables qui vivent en toute liberté, parce que leur avocat (souvent très cher payé) a épluché soigneusement chaque pièce du dossier.
Le roman est construit contre une course contre la montre quasiment perdu d’avance – quasiment. Du coup, les pages se tournent quasiment toutes seules, pour savoir comment un point final sera enfin mis à cette succession de meurtres. Et ce n’est pas vraiment de la manière dont on aurait pu le penser.
Un livre aussi agréable à lire que la série l’a été à regarder.
Sharon- Modérateur
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