[Reage, Pauline (Aury, Dominique)] Histoire d'O
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Votre avis sur "Histoire d'O"
[Reage, Pauline (Aury, Dominique)] Histoire d'O
Genre : Roman érotique - A réserver aux lecteurs adultes
Editions : Le Livre de Poche
ISBN : 2-253-14766-4
288 pages
Quatrième de couverture :
Enfin une femme qui avoue ! Qui avoue quoi ? Ce dont les femmes se sont de tout temps défendues (mais jamais plus qu'aujourd'hui). Ce que les hommes de tout temps leur reprochaient : qu'elles ne cessent pas d'obéir à leur sang ; que tout est sexe en elles, et jusqu'à l'esprit. Qu'il faudrait sans cesse les nourrir, sans cesse les laver et les farder, sans cesse les battre. Qu'elles ont simplement besoin d'un bon maître, et qui se défie de sa bonté…
Jean PAULHAN
Mon avis : De quoi parle donc cette Histoire d’O, roman à la réputation sulfureuse, associé à l’érotisme, à la pornographie, au sado-masochisme, de façon plus générale, au sexe ?
O, jeune fille des années 50, travaillant dans le milieu de la mode et donc a priori indépendante financièrement, est un jour amenée par son amant «à Roissy», mystérieuse villa, où il l’abandonne avec l’ordre de se soumettre «par amour pour lui» à tout ce qu’on lui imposera.
Quelques temps plus tard, libérée mais toujours astreinte aux règles inculquées durant sa captivité - ne pas s’asseoir sur ses jupes, ne jamais fermer ni les genoux ni les lèvres... - elle découvrira le véritable but de cet apprentissage : l’offrir, ainsi éduquée, au mystérieux Sir Stephen, demi-frère de son amant, figure autoritaire et dominatrice.
Si ce roman peut être considéré comme l’un des textes ayant inspiré les principes de la pornographie sado-masochiste moderne, il a également influencé l’esthétique érotique de façon générale - postures des modèles, style vestimentaire, accessoires.
Pourtant, le roman en lui-même n’a rien de pornographique, d’érotique, ou même de sexuel. Les scènes qui y sont décrites le sont avec un vocabulaire si banal qu’ils ne peuvent parler qu’à un lecteur ayant déjà un certain nombre d’idées claires sur le sexe. Un enfant ou un adolescent un peu naïf n’y comprendrait, je pense, pas grand-chose. A titre d’exemple, le mot sexe n’est jamais prononcé, les organes jamais nommés. Le style, sans être désagréable, est froid et impersonnel, ne dégageant pas le plus petit début de sensualité.
C’est plutôt logique, puisque le livre ne traite pas, à mon sens, de sexualité, de désir, et encore moins d’amour, mais uniquement de pouvoir : pouvoir de son amant sur O, pouvoir de Sir Stephen sur cet amant. Les relations entre ces trois personnages, malsaines à force d’être complexes et ambiguës, se concrétisent via les diverses soumissions d’O, devenu objet de convoitise plus que de désir.
A travers ce qui n’est finalement que l’énoncé d’un fantasme, qui n’implique pas concrétisation, Pauline Reage explore les rouages glauques d’une relation inégale, non du fait de facteurs extérieurs - dépendance financière, pression sociale... - mais inhérents au caractère - on dirait aujourd’hui la psychologie - des personnages. Dans le seconde partie, Retour à Roissy, l’intrigue est plus réaliste, les scènes plus détaillées, dans l’ensemble l’ambiance est plus glauque, redonnant à Roissy son véritable statut : celui d’un bordel.
Si je n’ai pas été choquée par le contenu du roman - fantasme au vocabulaire anodin où la brutalité est consentie et ne devient jamais cruauté ou barbarie - la quatrième de couverture, citation bien réelle de Jean Paulhan, m’a été tout à fait odieuse. Non seulement il transforme ce texte en un manuel sur la façon de (mal)traiter les femmes, mais il généralise ce fantasme profondément personnel de l’auteur - à l’origine le texte a été écrit pour lui seul dans le but de le séduire - à toute la gent féminine, sans exception.
Dans l’ensemble, il s’agit donc d’une lecture intéressante, mais réservée à un public averti car une lecture au premier degré pourrait s’avérer désastreuse.
Ma note : 7/10O, jeune fille des années 50, travaillant dans le milieu de la mode et donc a priori indépendante financièrement, est un jour amenée par son amant «à Roissy», mystérieuse villa, où il l’abandonne avec l’ordre de se soumettre «par amour pour lui» à tout ce qu’on lui imposera.
Quelques temps plus tard, libérée mais toujours astreinte aux règles inculquées durant sa captivité - ne pas s’asseoir sur ses jupes, ne jamais fermer ni les genoux ni les lèvres... - elle découvrira le véritable but de cet apprentissage : l’offrir, ainsi éduquée, au mystérieux Sir Stephen, demi-frère de son amant, figure autoritaire et dominatrice.
Si ce roman peut être considéré comme l’un des textes ayant inspiré les principes de la pornographie sado-masochiste moderne, il a également influencé l’esthétique érotique de façon générale - postures des modèles, style vestimentaire, accessoires.
Pourtant, le roman en lui-même n’a rien de pornographique, d’érotique, ou même de sexuel. Les scènes qui y sont décrites le sont avec un vocabulaire si banal qu’ils ne peuvent parler qu’à un lecteur ayant déjà un certain nombre d’idées claires sur le sexe. Un enfant ou un adolescent un peu naïf n’y comprendrait, je pense, pas grand-chose. A titre d’exemple, le mot sexe n’est jamais prononcé, les organes jamais nommés. Le style, sans être désagréable, est froid et impersonnel, ne dégageant pas le plus petit début de sensualité.
C’est plutôt logique, puisque le livre ne traite pas, à mon sens, de sexualité, de désir, et encore moins d’amour, mais uniquement de pouvoir : pouvoir de son amant sur O, pouvoir de Sir Stephen sur cet amant. Les relations entre ces trois personnages, malsaines à force d’être complexes et ambiguës, se concrétisent via les diverses soumissions d’O, devenu objet de convoitise plus que de désir.
A travers ce qui n’est finalement que l’énoncé d’un fantasme, qui n’implique pas concrétisation, Pauline Reage explore les rouages glauques d’une relation inégale, non du fait de facteurs extérieurs - dépendance financière, pression sociale... - mais inhérents au caractère - on dirait aujourd’hui la psychologie - des personnages. Dans le seconde partie, Retour à Roissy, l’intrigue est plus réaliste, les scènes plus détaillées, dans l’ensemble l’ambiance est plus glauque, redonnant à Roissy son véritable statut : celui d’un bordel.
Si je n’ai pas été choquée par le contenu du roman - fantasme au vocabulaire anodin où la brutalité est consentie et ne devient jamais cruauté ou barbarie - la quatrième de couverture, citation bien réelle de Jean Paulhan, m’a été tout à fait odieuse. Non seulement il transforme ce texte en un manuel sur la façon de (mal)traiter les femmes, mais il généralise ce fantasme profondément personnel de l’auteur - à l’origine le texte a été écrit pour lui seul dans le but de le séduire - à toute la gent féminine, sans exception.
Dans l’ensemble, il s’agit donc d’une lecture intéressante, mais réservée à un public averti car une lecture au premier degré pourrait s’avérer désastreuse.
PS : s'agissant d'une lecture adulte et vu qu'il y a des mineurs sur le forum, j'ai essayé d'être le moins crue possible. Ceci dit, personne n'est parfait. Si vous jugez certains passages choquants ou inappropriés, dites-le moi et je corrigerai au mieux.
Invité- Invité
Re: [Reage, Pauline (Aury, Dominique)] Histoire d'O
J'ai lu ce roman il y a quelques années et je pense que le film doit être plus choquant que le livre (je n'ai pas vu le film). Il ne m'avait pas paru malsain à l'époque et je crois qu'il y a bien pire maintenant dans une "littérature" où le public n'est pas toujours averti.
Ceci dit, très bonne critique Saphyr !
Ceci dit, très bonne critique Saphyr !
marie do- Grand sage du forum
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Nombre de messages : 4647
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Localisation : corse
Genre littéraire préféré : Assez varié : thriller, roman historique, contemporain, bd .....
Date d'inscription : 01/03/2012
Re: [Reage, Pauline (Aury, Dominique)] Histoire d'O
Merci Saphyr pour cette critique!
Je suis en train de lire ce livre sur lequel mon avis reste mitigé... Je reconnais la qualité de l'écriture et de la façon dont le thème (don de soi, appartenance à quelqu'un, état de possession) est abordé. Mais je reste mal à l'aise au cours de ma lecture; peut être est-ce parce que l'auteur est une femme (en tant que femme moderne, je ne pourrais jamais prendre du plaisir à écrire de telles choses, mais bon peut être suis-je un peu fermée d'esprit)... A l'inverse "Justine ou les malheurs de la vertu" du Marquis de Sade ne m'avait pas du tout mise mal à l'aise (l'auteur est un homme, le livre date d'un siècle beaucoup moins moderne, le style est répétitif).
Mais surtout, je suis TRES mal à l'aise à la lecture de la 4e de couverture écrite par Jean Paulhan.
Belle découverte tout de même
Je suis en train de lire ce livre sur lequel mon avis reste mitigé... Je reconnais la qualité de l'écriture et de la façon dont le thème (don de soi, appartenance à quelqu'un, état de possession) est abordé. Mais je reste mal à l'aise au cours de ma lecture; peut être est-ce parce que l'auteur est une femme (en tant que femme moderne, je ne pourrais jamais prendre du plaisir à écrire de telles choses, mais bon peut être suis-je un peu fermée d'esprit)... A l'inverse "Justine ou les malheurs de la vertu" du Marquis de Sade ne m'avait pas du tout mise mal à l'aise (l'auteur est un homme, le livre date d'un siècle beaucoup moins moderne, le style est répétitif).
Mais surtout, je suis TRES mal à l'aise à la lecture de la 4e de couverture écrite par Jean Paulhan.
Belle découverte tout de même
Invité- Invité
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